Que ce soit par la sculpture, l’illustration, l’écrit ou l’événementiel, j’aime amener l’observateur à se questionner sur son rapport au Réel.

Par mes sculptures éphémères, on se retrouve face à une œuvre accomplie, belle et inspirante, mais dont l’on craint la durée limitée. Ça nous renvoie de par cette occasion à notre propre précarité. Par mes événements, j’essais d’immerger le participant dans un univers décalé mais accessible, lui démontrant par la pratique d’autres façons de percevoir et de vivre la réalité. Avec mes illustrations, souvent constituées de créatures fantastiques, métissages crédibles d’espèces et de principes scientifiques, j’amène l’observateur à accepter de nouveaux paradigmes. Ça ne veut pas dire qu’il y croit nécessairement, mais son intellect accepte cet univers parallèle comme possible et crédible. Par mes écrits et la manière dont je les déploie, je pousse encore plus loin l’immersion en développant des univers entiers qui englobent la somme de mes talents et expériences passées. Je m’applique à amener le lecteur encore plus loin dans son questionnement sur sa propre réalité, insidieusement, sans qu’il ne s’en rende compte. Même lorsque j’ai fait des séries de toiles lenticulaires – où l’on voit plus d’une image et de la profondeur dans une œuvre 2D – j’amène l’appréciateur à voir plus qu’il n’en paraît au premier regard.

Par cette approche de constante déstabilisation de la perception des acquis d’un individu, je désire candidement faire de ceux qui entre en contact avec mes œuvres de meilleurs citoyens. Je veux faire en sorte qu’ils ne prennent pas racine dans la réalité commune, qu’ils conçoivent que tout peut être différent, que cet univers n’est construit que sur une série de normes établies au fil du temps et que la Société et l’Identité sont des constructions malléables. Ultimement, qu’il est possible de modifier le Réel si l’on y met l’action nécessaire.

J’aime le beau et crois qu’il est de même pour la majorité des gens. Pour atteindre mes fins subtiles de persuasion positive, j’aspire à ce que mes œuvres soient inspirantes, esthétiques et bien constituées. Je bonifie souvent ma création en puisant chez les Maîtres de ces divers domaines. Je crois qu’en s’inspirant des œuvres qui ont passé le temps, en les étudiants et se les réappropriant (je ne parle pas ici de copie, mais bien de l’application de préceptes universels à de nouvelles fins spécifiques), l’on peut créer de meilleures œuvres.

Tout cela peut être fait dans un esprit ludique, en racontant des histoires, peu importe le médium.

Pour conclure, par mes créations, j’aspire à être un pont entre le passé et un meilleur futur et, étonnamment, mon présent est encré dans l’imaginaire, comme quoi la Réalité est bien relative…

 

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